Explosion du nombre de migrants en Grèce au mois de juillet : comment le déni européen a rendu la situation incontrôlable

Explosion du nombre de migrants en Grèce au mois de juillet : comment le déni européen a rendu la situation incontrôlable

Un “chaos total”. C’est ainsi que l’HCR, l’agence des Nations unies en charge des réfugiés, qualifie la situation en Grèce. Au mois de juillet, près de 50 000 immigrants en provenance d’Afghanistan et de Syrie ont été recensés… Soit davantage que pour l’ensemble de l’année 2014, année où le nombre d’immigrants vers l’Union européenne battait déjà des records.

Atlantico : 49 550 immigrants sont arrivés sur les côtes grecques au mois de juillet, a indiqué Frontex récemment, soit plus que sur l’ensemble de l’année 2014 (41 700). L’agence chargée de la surveillance des frontières européennes précise que neuf sur dix proviennent de Syrie et d’Afghanistan. Quelles raisons géopolitiques propres à ces deux pays permettent d’expliquer cette subite augmentation ? En quoi les contextes sur place sont-ils encore plus favorables aux départs ?

Alain Rodier : Ces migrants proviennent essentiellement de Turquie. Ce pays a toujours été le lieu de passage pour les flux migratoires en raison de sa position géographique privilégiée, d’une grande porosité des frontières et du fait qu’il n’y a pas besoin de visa pour les personnes provenant des pays arabes et d’Iran. La Turquie constitue donc un point de passage obligé pour nombre de clandestins de la zone.

Le problème s’est considérablement accentué avec le début de la guerre civile en Syrie en 2011. Les autorités estiment qu’il y a aujourd’hui sur le sol turc plus d’un million de Syriens (dont la moitié d’enfants) dont 217 000 sont accueillis dans 22 camps de réfugiés. Les autres sont dans la nature.
Viennent s’ajouter environ 900 000 âmes avec, en ordre d’importance, des Afghans, des Iraniens, des Irakiens et même des Somaliens.
lire la suite sur Atlantico