L’ADH critique l’ONU d’avoir capitulé sous la pression de l’Arabie saoudite en acceptant de retirer la coalition menée par Ryad de la liste noire-Communiqué de Presse

L’ADH critique l’ONU d’avoir capitulé sous la pression de l’Arabie saoudite en acceptant de retirer la coalition menée par Ryad de la liste noire-Communiqué de Presse

Communiqué de presse

 

Elle est surnommée la « guerre oubliée ».

Lancée le 26 mars 2015 par l’Arabie saoudite pour remettre Abdel Rabo Mansour al Hadi au pouvoir face à la montée en puissance de la rébellion d’Ansar Allah appuyée par l’ancien président Ali Abdallah Saleh, la guerre du Yémen a fait près de 10.000 morts. Elle a détruit la quasi-totalité des infrastructures du pays (ponts, routes, hôpitaux, écoles, musées, silos à grains, usines, exploitations agricoles) et condamné plus de 20 millions de Yéménites à la faim, à la soif et aux épidémies.

Après 15 mois de silence, l’ONU a finalement accusé l’Arabie saoudite et sa coalition militaire d’être responsables à 60 % du bilan de 785 enfants tués et 1 168 mineurs blessés en 2015 au Yémen dans un rapport annuel sur le sort des enfants victimes de conflits armés en 2015.

Mais à peine 24h plus tard, l’ONU a finalement retiré l’Arabie saoudite de sa liste noire.

Ainsi donc, l’Organisation de 193 Nations Unies a lamentablement  cédé au chantage financier d’un seul de ses membres.

« La décision de retirer la coalition de la liste noire a été l’une des plus douloureuses et difficiles que je n’aie jamais prises » s’est excusé M. Ban Ki-Moon lors d’une conférence de presse.

Il dénonce les pressions financières saoudiennes comme étant « inacceptables » et pourtant, il les a acceptées.

Comme nombre d’ONG et de diplomates, nous considérons le volte-face de M. Ban Ki-Moon comme une honte pour les Nations Unies et demandons la condamnation immédiate de l’Arabie saoudite pour ses crimes commis contre les enfants du Yémen.

La guerre au Yémen ne peut plus être indéfiniment jetée aux oubliettes pour faire plaisir à un Etat coupable de crimes de guerre sous prétexte que la survie financière des programmes de l’ONU dépend du bon vouloir de ce même Etat.

Car oublier les enfants du Yémen, c’est avant tout oublier la raison d’être de l’ONU.

Agence pour les droits de l`homme (ADH)