Le Rapport Spécial d’ADH: Le Yémen entre mythes et réalité

Le Yémen ne quitte plus la une de l’actualité. Il est sous le feu des projecteurs en raison d’un nouveau conflit sanglant qui découle d’une multitude de facteurs. Le pays fait face à une rébellion zaydite chiite appelée « houthiste » d’après le nom de son chef défunt Hussein al-Houthi. Elle s’est notamment emparée de la capitale Sanaa en septembre 2014, à la suite de quoi les houthistes ont renversé le président de transition Abd Rabbo Mansour Hadi. Il est alors assigné à résidence et démissionne à la fin du mois de janvier 2015. Le 21 février, Hadi échappe pourtant à la surveillance de ses gardiens et parvient à gagner Aden. L’arrivée d’Hadi précipite la capitale de l’ex-Yémen du Sud dans la confrontation avec les houthistes et fait resurgir les velléités d’indépendance de la population du Sud[1].Pendant ce temps là, les troupes de Malik al-Houthi continuent leur avancée. À la fin du mois de mars, elles s’emparent du port de Mocha et menacent directement le détroit de Bab el-Mandeb. Cela en est trop pour l’Arabie Saoudite qui décide d’intervenir durant la nuit du 25 au 26 mars 2015, internationalisant de fait le conflit. Riyadh, soutenue par plusieurs États arabes lance l’opération «  Tempête décisive  » afin de mettre un terme à l’avancée des houthistes. La monarchie saoudienne refuse de voir ce qu’elle perçoit comme un allié de Téhéran s’implanter dans la région. À l’heure actuelle, dix pays (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Koweït, Qatar, Égypte, Maroc, Jordanie, Soudan, Turquie et Pakistan) participent de manière plus ou moins concrète à la coalition mise en place sous l’égide de l’Arabie Saoudite.

Après la Syrie, la Libye et l’Égypte, le Yémen sombre à son tour dans le chaos. Pour le journaliste Anthony Samrani, une malédiction s’abat sur les pays touchés par le «Printemps Arabe» et fait resurgir les tensions confessionnelles aux prismes des intérêts des puissances[2]. Il devient alors toujours plus difficile de déceler les enjeux de pouvoir en raison des ramifications multiples du conflit.L’Agence pour les Droits Humains (ADH) dénonce la lecture apocalyptique des médias traditionnels qui perçoivent les événements au Yémen (…)

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