Le soutien US aux « rebelles modérés » contre ISIS, une stratégie maladroite et dangereuse

Le soutien US aux « rebelles modérés » contre ISIS, une stratégie maladroite et dangereuse

Nous apprenons avec inquiétude que le Congrès américain a adopté le plan d’Obama d’aide aux rebelles syriens contre les djihadistes de l’Etat islamique appelé communément ISIS, emboîtant ainsi le pas au Sénat US.

Plusieurs raisons nous poussent à penser que cette stratégie risque d’être totalement contre-productive.

Tout d’abord, de nombreux observateurs du conflit syrien notamment l’ONG britannique Conflict Armament Research (CAR) ont noté qu’une partie de l’arsenal militaire offert à l’ASL par les Etats-Unis ou par ses alliés tels l’Arabie saoudite se trouve aux mains d’ISIS.

D’autre part, il est parfois difficile de distinguer les rebelles syriens dit « modérés » des groupes djihadistes tels ISIS.

En effet, s’ils se font la guerre, il arrive aussi que ces groupes armés entretiennent des relations ambiguës voire carrément amicales.

Nous savons par exemple que le journaliste américain décapité à Raqqa par les djihadistes de l’Etat islamique avait été vendu à ses bourreaux par une brigade dite “modérée” et proche de l’Armée syrienne libre (ASL).

Nous savons également que des milliers de combattants de l’ASL ont volontairement rejoint les rangs d’ISIS laissant ainsi penser que les clivages entre groupes armés ne sont pas forcément idéologiques.

Enfin, nous constatons une collaboration effective entre ISIS et ces groupes armés alliés à l’ASL sur le front d’Alep, de Damas et à la frontière entre la Syrie et le Liban.

Le 11 septembre dernier, des rebelles dit « modérés » ont conclu une trêve avec ISIS à Hajar al Asswad en banlieue de Damas pour lutter contre le régime « noussaïri ».

Le texte de l’accord de réconciliation utilise explicitement le terme dénigrant de « noussaïri » pour désigner le régime de Damas.

L’adhésion d’unités combattantes proches de l’ASL à ce terme péjoratif ouvertement confessionnaliste et excommunicateur laisse planer le doute sur les intentions démocratiques de l’opposition armée dite « modérée ».

En tant qu’ONG défendant les principes de dignité humaine et de paix, nous pensons que la reprise immédiate des négociations dites de Genève entre régime de Damas et opposition sera bien plus salutaire pour le peuple syrien que la multiplication des bombardements sur un pays déjà ravagé par la folie meurtrière.

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