«Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des droits de l’homme.»

«Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des droits de l’homme.»

Expulsion de l’ambassadeur canadien à Riyad. Gel de toutes nouvelles transactions commerciales ou d’investissements avec le pays. Rappel des 15 000 étudiants boursiers saoudiens dans les universités canadiennes. Ces mesures destinées à signifier une rupture brutale et globale ont été annoncées lundi par le gouvernement saoudien en réaction aux appels du gouvernement d’Ottawa pour la libération de militants des droits de l’homme arrêtés la semaine dernière en Arabie Saoudite. Vendredi, dans un communiqué publié sur Twitter, l’ambassade canadienne à Riyad s’était dite «gravement préoccupée» par une nouvelle vague d’arrestations de militants. «Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des droits de l’homme.»

L’arrestation la semaine dernière de Samar Badaoui, après celle de plusieurs militantes des droits des femmes, est à l’origine de l’escalade des protestations canadiennes et de la riposte saoudienne. Le 2 août, la cheffe de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland, s’était déjà dite «très alarmée d’apprendre l’emprisonnement de Samar Badaoui». La jeune femme de 33 ans est la récipiendaire du prix international du courage féminin 2012 décerné par le département d’Etat américain. La photo de la militante, encadrée par Michelle Obama et Hillary Clinton lors de la remise du prix, a été rediffusée ces derniers jours sur les sites d’information. Elle a fait campagne pour la libération de son frère, Raef al-Badaoui, un blogueur dissident, et de Walid Abou al-Khair, son ancien mari. Citoyen saoudien, Raef al-Badaoui est emprisonné depuis 2012 en raison de propos tenus sur son blog. Il a été condamné en novembre 2014 à dix ans de prison et à 1 000 coups de fouet pour «insulte à l’islam». Son épouse, Ensaf Haidar, est installée au Québec depuis l’automne 2013 avec ses trois enfants et mène une campagne internationale avec plusieurs organisations des droits de l’Homme pour la libération de son mari (…)
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